les méthodes de rééducation globale Kabat, Bobath, Brunnstrom... ont pris pour modèle le développement psychomoteur de l'enfant. La récupération neuronale appartient au déterminisme lésionnel. C'est la roue de l'infortune. Le patient tire le numéro qui récupère un peu, beaucoup, tout ou pas du tout. Ensuite le kinésithérapeute accommode les restes: c'est de la "Kuisinéthérapie"(cliquez sur le titre si le blog n'apparait pas en entier)
Puisqu'ils se situent par rapport à celui qui le précède, devant, dessus, dessous, à droite à gauche et jamais ils ne se crashent!
Et il n'y a pas de tour de contrôle ou de patron de la patrouille de France pour commander de virer à droite à gauche en haut en bas!
Avant le langage et la conscience
du corps et de l’action,
avant la mémoire consciente,il y a débauche de mouvement chez le nourrisson.
les segments du corps s’auto-organisent dans des schèmes que le bébé utilise ensuite intentionnellement
pour élever peu à peu le centre de gravité
et améliorer la vitesse de déplacement. Il ne faut pas confondre l'intention du déplacement ou du geste avec le mouvement volontaire.
Le mouvement "volontaire": est postérieur au mouvement automatique intentionnel. C'est une voie lente et inefficace pour automatiser
- Le kinésithérapeute "soigneur du mouvement ne peut pas corriger le mouvement du patient. Le mouvement va trop vite pour que le kinésithérapeute l'analyse justement:
- La motricité volontaire du patient ne mobilise pas assez de neurones pour être efficace.Le patient se concentre sur un segment et c'est dix autres segments qui lui échappent alors. Ce n'est pas la répétition d'un mouvement appliqué lent et sans rythme qui permet son automatisation. "La conscience qu'on a du mouvement volontaire est interprétée comme sa cause" Libet 1992 , Haggard 2002, cités parH. Atlan "Qu'est ce que l'auto organisation? - Odile Jacob - p. 243: La motricité volontaire est une illusion. Le patient a conscience de son mouvement qui a été déclenché automatiquement 1/3 seconde avant.
Les patients cérébro et médullo lésés passent sous les fourches caudines de trois sortes de kinés:
- ceux qui leur demande de corriger leur façon de marcher
- ceux qui ne cherchent pas à corriger la marche mais veulent les entrainer à marcher plus loin et plus vite
- ceux qui découpent la marche en schèmes pour recoller les morceaux ensuite
(Nous appartenons aux deux derniers courants)
1. Les correcteurs: Les " kinés correcteurs" confondent défaut et déficience. Ils pensent que le signe est la cause de la mauvaise marche. Il ne faut pas que le patient prenne une mauvaise "habitude". Certains kinés sadiques font marcher des hémiplégiques faucheurs contre un mur pour les empêcher de faucher! (Il devrait y avoir des lois qui punissent sévèrement ces actes de maltraitance!) « Marchez lentement mais bien ».
Les kinés correcteurs corrigent les patients sur 3 ou 4 pas.
Les patients sont culpabilisés parce qu'il n'arrivent pas à se corriger toute la journée.
Plus ils s’appliquent sur un point de la marche, plus ils exagèrent un autre "défaut" de marche car la motricité consciente est sélective. Pour obéir au kiné le patient ralentit sa marche
et divise par 10 le nombre de pas qu'il aurait pu faire en séance.
2. les entraîneurs
§le patient cérébro lésé ou médullo-lésé ne prend pas de "mauvaises habitudes", il s'adapte à des déficiences. Il fait avec ce qu'il a. Le signe révèle la déficience et l'adaptation inévitable qui en découle.
§L'objectif est de multiplier les pas pour que le système s'améliore progressivement à l'insu du patient. Parfois on lui complique la tâche, en lui faisant tirer un "boulet" ou en lui faisant poser les pieds à deux hauteurs différentes, mais on ne l'empêche jamais de compenser! On a rayé ce mot du vocabulaire! Il fait avec ce qu'il a!
On entraîne le "faucheur à faucher" vite et loin,
§ "le steppeur à stepper" vite et loin,
§l'ataxique à marcher avec un polygone élargi.
§
§On étirera en fin de séance les rétractions provoquées par l’adaptation.
La course:
§Pourquoi courir?
Parce que le patient en a envie, si ça lui fait plaisir, c' est une raison suffisante!
Pourquoi lui interdirait-on ce plaisir?
De plus, par l'accélération du temps pendulaire,
la course est un excellent exercice de prévention à la chute.
3. les découpeurs ou "neuropédagogues" la tâche orientée: (Carr-Sheperd) la sous-tâche: séquence de mouvement
découper les 4 temps de la marche,
les 4 descentes au sol
et les 4 redressements
on répète les sous tâches
on les remet bout à bout par accumulation
Le kinésithérapeute ne peut se contenter d'un réservoir d'une dizaine de tâches orientées qu'il fait répéter à tous ses patients. Il lui faut faire un Recueil exhaustif de sous-tâches posturales afin de présenter le bon mouvement au bon moment:
- Ni trop simple, car le patient n'apprend rien.
- Ni trop difficile, car c'est sur la répétition de la réussite que l'on automatise. De plus, pour les patients qui ne tiennet pas debout seuls, il faut un espace sécurisé afin de permettre un grand nombre de répétitions sans risque de chute.
La correction consciente du corps n'est possible que dans ce type de travail répétitif.
Soit le patient augmente ses scores par la répétition, (1 point par sous-tâche réussie, Connaissance du Résultat)
Quand le kiné découpeur constate que le patient n’arrive pas à corriger des phases découpées de la marche, il cesse d'être kiné correcteur. Si le patient en situation de sécurité ne peut corriger son mouvement il y parviendra encore moins en situation écologique.
C’est comme cela que les kinés découpeurs sont devenus également des kinés entraîneurs.
Nous sommes kinés correcteurs des articulations: nous cherchons à gagner sur l'amplitude articulaire par contracté relâché et auto-postures si besoin avec attelles kinés pédagogues pour ce qui est de l'acquisition d'un maximum de postures d'équilibres et Kinés entraineurs pour le renforcement segmentaire, la descente et la remontée du sol et la marche
Récupération totale:
Il y a des atteintes neurologiques qui permettent une récupération totale dans les semaines qui suivent l'agression initiale. La personne retrouve l'usage de ses circuits neuronaux tels qu'ils étaient avant. Il retrouve l'usage de son corps tel qu'il était avant, dans ses sensations, dans sa motricité. C'est la "guérison". Cette récupération totale est possible parce qu' il n'y avait pas lésion mais "sidération" neuronale. La sidération c'est le choc spinal, le choc cérébral, le système nerveux coupe le circuit: tout est paralysé, puis on remet le circuit et on fait le décompte des neurones détruits.
Récupération partielle:
"parésie" (para-parésie hémiparésie etc...) Après l'agression initiale, la personne retrouve une partie de ses neurones mais en perd une partie. La personne ne récupère pas l'usage de son corps "comme avant" . Les sensations sont modifiées, les mouvements sont modifiés. Il va devoir "optimiser". Par la "Re-éducation" , il va créer de nouvelles synapses, support de nouvelles habitudes de mouvements. Il ne "récupère pas la marche". Il fabrique une nouvelle marche avec les moyens du bord. En rééducation, on ne parle pas alors de "récupération" puisqu'il ne récupère pas l'état antérieur. On parle d'optimisation,d'amélioration.
On cherche le 100% du possible.
Aucune récupération:
"plégie" = paralysie (paraplégie -hémiplégie...) On est dans le même cas que dans les récupération partielles, mais le pourcentage de neurones détruits est plus important. La plupart du temps les racines (épaule hanche) gardent une possibilité de mouvement, les éléments distaux, (mains pieds) restent paralysés.
On va essayer de tirer le maximum des possibilités restantes, en essayant d'intégrer au maximum les segments paralysés afin de les entretenir et d'éviter les complications secondaires de l'immobilisation.
Voir ci-dessous le classement de Sultana et Mesure.
- évolution favorable pour lesquelles Sultana rappelle que "même les méthodes les plus farfelues marchent"
- les atteintes chroniques stables
- les atteintes à évolution rapide
- les atteintes à évolution lente Ataxie et syndrome cérébelleux Sultana Mesure - Masson - 2008 p.48
La kinésithérapie serait l'art de faire des prophéties auto-réalisatrices:
“C’est, au début, une définition fausse de la situation qui provoque un comportement qui fait que cette définition initialement fausse devient vraie”
La kinésithérapie serait l'art de choisir la capacité physique qui est prochainement réalisable par le patient alors que lui-même s'en croit encore incapable. Toute la science du kinésithérapeute consiste à connaitre l'ensemble des capacités motrices pour choisir l'enchaînement des capacités possibles. (Et ne pas le fourvoyer dans une tentative impossible).
4.les atteintes à évolution rapide SLA; Tumeurs, SEP en poussées
Rosace d'Amiens version médiévale de la roue de la fortune
§1.évolution favorable
La personne retrouve l'usage de ses circuits neuronaux tels qu'ils étaient avant.
§Elle retrouve l'usage de son corps tel qu'il était avant, dans ses sensations, dans sa motricité. C'est la "guérison". Cette récupération
totale est possible parce qu'en fait, il n'y avait pas lésion mais "sidération" neuronale.
La sidération
c'est le choc spinal, le choc cérébral, le système nerveux coupe le
circuit: tout est paralysé, puis on remet le circuit et on fait le
décompte des neurones détruits.
Neuro périphérique: Repousse axonale totale
§Neuro médullaire: il n'y avait pas lésion mais "sidération" neuronale.
§c'est le choc spinal, para tétraplégie
§Neuro cérébrale: le choc cérébral,
§le système nerveux coupe le circuit: TC, AVC, (phase aigüe 1 mois – subaigüe 3 mois) SEP rémittente
2. les atteintes chroniques stables (phase séquellaire)
§para tétraplégies 2-3 mois hémiplégie; (4-6 mois) TC plus long
§
§"parésie" (para-parésie hémiparésie etc...)
§la personne retrouve une partie de ses neurones mais en a perdu une partie.
§Ne récupère pas l'usage de son corps "comme avant" .
§sensations modifiées, les mouvements sont modifiés.
Il ne "récupère pas la marche".
Il fabrique une nouvelle marche avec les moyens du bord.
on ne parle pas de "récupération"
optimisation,amélioration.
On cherche le 100% du possible.
§"plégie" = paralysie (paraplégie -hémiplégie...)
§même cas que dans les récupération partielles,
mais pourcentage de neurones détruits plus important.
La plupart du temps les racines (épaule hanche) gardent une possibilité de mouvement,
les éléments distaux, (mains pieds) restent paralysés.
Tirer le maximum des possibilités restantes,
Essayer d'intégrer au maximum les segments paralysés
afin de les entretenir
et d'éviter les complications secondaires de l'immobilisation d’un segment.
§A chaque évolution du handicap il y a une phase de deuil, deuil de la marche normale et prise de canne, puis deuil de la marche et prise du fauteuil. Mais à chaque phase le patient a le temps de s'adapter à son handicap. Entre chaque stade de handicap
§Phases de deuil (canne, fauteuil Roulant
§adaptation au handicap de déplacement
4.les atteintes à évolution rapide SLA; Tumeurs, SEP en poussées
§On n’a pas affaire à des personnes handicapées mais à des malades
On pourrait comprendre, s'il existait un moyen efficace de correction du récurvatum par la pensée! Or ce moyen n'existe pas, car il est impossible à un patient de s'appliquer à gommer le récurvatum à chaque pas de sa vie. Le seul traitement efficace consiste à la pose d'une orthèse qui offre un relais antalgique et rééducatif pendant la période douloureuse. Quand le patient va mieux, il pose l'attelle qui lui laisse une empreinte rééducative quelques temps. Il recommence à marcher comme il veut jusqu'à la prochaine crise douloureuse où il reprend l'attelle pour quelques jours! L'attelle calme la douleur puisqu'elle empêche le récurvatum et replace musculairement le genou etc...
"Le schéma corporel reçoit son nom de Bonnier en 1893, il le définit comme une représentation permanente, une figuration spatiale du corps et des objets. L’origine du schéma corporel vient de la notion neurologique de représentation du corps propre. Sous ce terme sont regroupées les différentes composantes de la somatognosie, que la pathologie a permis d’identifier. Cependant, chaque auteur a sa propre terminologie, de sorte que : Pick (1915), dans ses études sur l’autotopoagnosie, parle d’« image spatiale du corps » ; Head (1920), à la suite de ses études sur les troubles de la sensibilité, parle d’un « modèle postural du corps » ou « schéma corporel »; enfin, Ludo Van Bogaert (1934), quant à lui, utilise le terme d’« image de soi ». http://www.artec.fr/actualites/laboratoire-artec/du-schema-corporel-a-l-image-du-corps.html
Image spatialeS’appuyant sur les travaux de Head concernant le « modèle postural du corps [ou] schéma corporel », Schilder définit ce dernier comme «l’image tridimensionnelle que chacun a de soi-même » (Op. Cité). Il voit donc le schéma corporel comme un « standard » spatial, qui nous permet d’avoir une connaissance de la posture, du mouvement, de la localisation de notre corps dans l’espace et de son unité. Ce modèle postural du corps n’est pas une entité statique, fixe, elle est dynamique, c’est-à-dire, changeante, en croissance, « en perpétuelle auto-construction et autodestruction interne » (Op. Cité, p. 40). Enfin, pour comprendre cet auteur qui tantôt parle de schéma corporel ou modèle postural et tantôt d’image du corps, il faut préciser son point de vue selon lequel il n’y a pas vraiment de différence entre ces deux concepts : « Le schéma corporel [...] nous pouvons aussi l’appeler ‘’image du corps’’, terme bien fait pour montrer qu’il y a ici autre chose que sensation pure et simple, et autre chose qu’imagination [...]
Même si la notion de schéma corporel est créée antérieurement à la psychanalyse, le développement de la notion d'Image corporelle a été croisée aux conceptions freudiennes qui ont dominé le vingtième siècle: Le Ça siège de l'inné,des pulsions . On le retrouve lorsqu'en réfléchissant au pourquoi de certains de nos actes, on se dit « ça a été plus fort que moi ».(ce sera le corps ou l'action inconsciente ou involontaire) Le Moi siège de la décision, il reçoit les instructions pulsionnelles du Ça mais il doit tenir compte de la volonté du Surmoi. C'est lui qui met en action les mécanismes de défense face à la perception d'affects déplaisants. ( action volontaire, consciente, nommée). Le Surmoi siègedes interdits, de la morale, des lois.[corps sublimé que l'on voudrait, que l'on s'impose, que l'on refuse. ] (à partir de Dethy M. : "Introduction à la psychanalyse de Freud") http://psychiatriinfirmiere.free.fr/infirmiere/formation/document/psychologie/ca-moi-surmoi.htm
Image de notre corps (Lhermitte, 1939) perception + représentation. Interface corps-milieu (Wallon, 1954) intégration des sensations kinesthésiques et
visuelles. Neurophysiologie (Paillard, 1980) . identification - localisation
. références spatiales . activité - passivité http://www.er.uqam.ca/nobel/r17424/Docs_KIN2200_PDF/Schema_corporel.pdf
"Les notions de corps perçu, corps connu, corps représenté corps vécu ont des sens différents aux divers moment de l'évolution; elles dépendent de la maturation, d'autre part de l'expérience vécue et de l'expérimentation qui aboutit à la connaissance". -Ajuriaguerra -Vol 1 Corps tonus psychomotricité Ed. Papyrus 2010 p.214 - De plus, les termes employés: " corps vécu, connu, subi; maîtrisé" sont larges et sous-tendent des explications différentes à des périodes plus ou moins délimitées suivant les auteurs.Quand Ajuriaguerra parle d'« hypertonie d’appel" expression des besoin, §Wallon met l'accent sur "hypotonie de détente" et la satisfaction des besoins et § Defontaine (in Manuel de rééducation psychomotrice, ESF, Paris1980) parle d'« auto-éducation psychomotrice". Comme s'il n'y avait pas d'emblée interaction nourrisson-entourage. http://www.chups.jussieu.fr/polysPSM/psychomot/semioPSMenf/semioPSMenf.pdf A toutes ces conceptions plus ou moins philosophiques du schéma corporel, nous préférons la définition de Julian de Ajuriaguerra (1970) : « édifié sur la base des impressions tactiles, kinesthésiques, labyrinthiques et visuelles, le schéma corporel réalise dans une construction active constamment remaniée des données actuelles et du passé, la synthèse dynamique, qui fournit à nos actes, comme à nos perceptions, le cadre spatial de référence où ils prennent leur signification ». Nous avons pris le parti de nous appuyer sur 3 concepts descriptifs de l'évolution de l'enfant: corps perçudans lequel nous incluons lecorps agiqui ne peut se dissocier de la perception, -"cercle afféro-efférentiel qui donne au corps son unité" -Ajuriaguerra -Vol 1 Corps tonus psychomotricité Ed. Papyrus 2010 p.199 -
corps nommé, corps représenté, apparaissant successivement mais continuant d'évoluer sur la durée de la vie chacun dans sa part consciente et inconsciente.
Ces trois notions: corps perçu, corps nommé, corps représentéont l'avantage d'être directement applicables à la kinésithérapie et plus largement au soin locomoteur si l'on dégage ensuite:
l'action nommée par le thérapeute (diagnostic) , l'action (traitement) représentée puis perçue par le patient.
voire la fonction nommée du thérapeute, représentée par le patient avant d'être perçue:
kinésithérapeute ou ostéopathe? MPR ou Chirurgien orthopédiste?.. Autant de noms différents intervenants à la demande du patient sur un même dysfonctionnement anatomique: ostéologie, arthrologie, myologie, neurologie sont identiques mais les fonctions que le patient prête à ces professions sont différentes.. Dans le dysfonctionnement locomoteur, qu'est-ce qui soulage le patient? La réalité du soin ou la représentation qu'il s'en fait? Ainsi pour la douleur le patient la perçoit, se la représente, puis la nomme au thérapeute qu'il a choisi, qui à son tour essaie de percevoir par la palpation la douleur du patient, se la représente et à son tour la nomme (diagnostic) Puis le thérapeute établit un traitement, l'explique, le patient se le représente avant de l'éprouver. De même pour l'incapacité physique: le patient l'éprouve, se la représente avant de l'exprimer. Le thérapeute "écoute, se représente l'incapacité et propose une stratégie au patient. A son tour le patient se représente cette stratégie avant d'en percevoir les effets. C'est une interaction sans fin entre pensée-parole-action du soignant et du patient, passé-présent-avenir de la fonction traitée , longueur-largeur-hauteur, force et douleur du mouvement traité.
Doris Valerio - Songe d'une nuit d'été
Sculpteur non voyant
patient cherchant son équilibre debout sur l'escarpolette.
les sensations cutanées (conscientes) tact épicritique(sur la cuisse on ne sait pas faire la différence entre une piqûre et deux piqûres simultanées distantes de 3 cm) sur le bout du doigt ce n'est seulement qu'en deçà de 4 mm que la peau ne sait pas différencier 2 piqûres d'une seule. Chaque sensation a un type de récepteur: - corpuscules de Ruffini sensibles à l'étirement et à la pression cutanée. -Pacini: mécano récepteurs dans le derme et le tissus conjonctif sous cutané sensibles aux vibrations - Disques de Merkel, à la base de l'épiderme sensible à l'enfoncement de la peau - Meissner sensibles au début ou à la fin de la stimulation - terminaisons libres: sensiblesaux mouvements du poil - chaud - froid (Krause) - les nocicepteurs: récepteurs sensibles à la torsion, piqûre, pression, chaleur intense, vont transmettre le message qui sera synthétisé plus haut en douleur. Mais la douleur est un ensemble de sensations passées au filtre (philtre) de l'émotion. http://neurobranches.chez-alice.fr/systnerv/systsens/somesthesie1.html proprioception
c'est l'ensemble des sensations profondes qui permettent de savoir où sont nos segments corporels sans les regarder. On ne marche pas en regardant ses pieds. Le cerveau sait où sont les pieds et les place au bon endroit en fonction du terrain. la proprioception n'est pas consciente comme la sensibilité superficielle. On éprouve le chaud, le froid, la caresse ou la piqûre. On ne sait pas que notre cheville fait un angle de 30° ou de 120°. La plupart du temps la proprioception est traitée automatiquement m^me si certaines afférences aboutissent au cortex et peuvent accéder à la conscience. http://neurobranches.chez-alice.fr/systnerv/systsens/somesthesie1.html On connaît la proprioception à travers le témoignage des gens qui en sont privés suite à un accident cérébral.
ex: le pianiste qui peut jouer du piano en regardant sa main gauche et celle ci sort du clavier dès qu'il regarde la partition.
2ème ex: la personne qui est obligée de regarder son pied pour débrayer.
lire - "l'homme qui prenait sa femme pour un chapeau" - OliverSachs- cliquez sur : HEMIASOMATOGNOSIE les organes de la proprioception nichent
- dans les ligaments et capsules qui enveloppent les articulations (notion de position)
- dans les tendons ( Golgi)
- dans les muscles : fuseaux neuro musculaires (sensation de vitesse et d'étirements)
labyrinthe et vestibule
le vestibule (placé dans le labyrinthe osseux au niveau du rocher ) nous donne les sensations de verticale et d'accélération. Il participe au placement et aux positions du corps.
L'oreille interne comprend une cavité rigide de forme complexe, le labyrinthe osseux, dans laquelle flotte un organe souple et creux de forme comparable : le labyrinthe membraneux. Il contient deux liquides,
- L'endolymphe occupe la cavité interne du labyrinthe membraneux
- la périlymphe l'espace qui le sépare du labyrinthe osseux. Deux membranes s'opposent à l'écoulement de la périlymphe dans l'oreille moyenne : la fenêtre ovale, et la fenêtre ronde. http://www.medecine-et-sante.com/anatomie/anatoreille.html
Manœuvre libératoire de Sémont:
Les otolithes sont des cristaux formés d'une "coque" de carbonate de calcium de forte densité qui tapissent la paroi de l'utricule et du saccule de l'oreille interne. Qui peuvent se détacher de la macule utriculaire et tomber dans un des 3 canaux semi-circulaires du vestibule.
intéroception consciente et inconsciente
Ensemble des sensations qui nous viennent de nos organes: principalement de l'estomac (sensations de faim qui nous poussent à remédier au problème), des sphincters striés ( anal et vessie).
Motricité innée et motricité acquise: à partir de ses réflexes innés (grasping, Moro etc...) l'enfant construit son échafaudage corporel Cliquez sur le lien : . http://neuromotricite.blogspot.com/2008/06/developpement-psychpoteur-de-lenfant.html
motricité automatique et volontaire: Les retournements, le ramper, la marche sont acquises avant même le langage. La locomotion est donc ontogéniquement placée sous un contrôle automatique. Le nourrisson est mu par un objectif ou par des réactions et il ne contrôle pas les moyens mis en œuvre. Ce n'est que vers deux ou trois ans que l'enfant va accéder à la volontarisation des ses gestes. D'après Atlan - le vivant post-génomique p. 243 "la conscience qu'on a du mouvement est interprétée comme sa cause"; C'est la raison pour laquelle nous mettons le corps agi dans le corps perçu. et En éducation motrice, la volonté s'exerce sur le but et non sur les moyens. Cliquez sur: http://neuromotricite.blogspot.com/2009/09/apprentissage-moteur-ou-neuropedagogie.html
L'action perçue
"Nous pensons comme nous l'écrivions avec Hecaen, qu'appréhension de l'espace et conscience du corps ne sont pas des fonctions isolées, abstraites et juxtaposées, elles sont ouvertes l'une à l'autre elles représentent des possibilités d'action pour nous même , des moyens de connaissance du monde: la dynamique du corps agissant ne pouvant s'accomplir que dans l'espace et jusqu'à un certain point, l'espace n'étant rien pour nous sans le corps qui agit".-Ajuriaguerra -Vol 1 Corps tonus psychomotricité Ed. Papyrus 2010 p.175
La conscience du mouvement. A partir de 4-5 ans l'enfant a la possibilité de faire remonter à la conscience la motricité automatique. Il peut modifier une prise sur un crayon ou un outil.
Le mouvement volontaire: A partir de 3- 4 ans, il peut reproduire des mouvements abstraits avec ses mains. Tout dépendra ensuite de la "culture physique" de chacun pour étendre le domaine du contrôle volontaire sur le corps. Certains yoghi parviennent à ralentir leur rythme cardiaque. Ce contrôle plus ou moins étendu de la volonté sur la motricité égare nombre d'éducateurs dans la rééducation motrice. Deux écoles s'affrontent: - les rééducateurs qui demandent au patient de corriger par la "volonté l'aspect déficitaire. - les rééducateurs qui croient au principe d'auto-organisation(Atlan - le vivant post-génomique - l'auto-organisation). Ils croient que c'est la la répétition compensée intensive et joyeuse qui permet un ajustement progressif des synergies. Cliquez sur le lien: http://neurokinesitherapie.blogspot.com/2009/09/correction-de-la-marche-ou-entrainement.html 2. le corps nommé: Le bébé produit d'abord des sons de façon accidentelle, c'est en général un fort stimulant pour les adultes en train d'interagir avec le bébé. Ils commentent les sons, les répètent, y réagissent. C'est donc l'interaction adulte-bébé elle-même qui est stimulée et donc le bébé est fortement incité à persévérer. Le bébé reproduira alors certains sons de façon constante et répétée. A 2 moisle bébé sourit. A 5 mois, il ne sourit plus à n'importe qui. Vers la fin de la première année, le babillage est plus clair et on constate la répétition intentionnelle de certaines sonorités. L'enfant a alors la possibilité de prononcer le premier mot.
Michel Ange
A partir de 12 mois l'enfant commence à désigner ce qu'il désire avec l'index (celui qui indique) -Vygotski- Les parents nomment l'objet que l'enfant désigne et petit à petit l'enfant va apprendre à répéter les objets désignés. http://fr.wikipedia.org/wiki/Lev_Vygotski
10 mois: papa pour papa et maman pour maman
12 mois: 2 mots en + que papa maman
15 mois: 6 mots + jargon
18 mois: 20 mots + quelques mots dans le jargon
2 ans: 2 mots avec verbe. 50 mots.
3 ans: 250 mots phrases de 3 mots
3ans ½: phrases de 6 mots corrects.
Il va de même apprendre à nommer son corps, la plupart du temps au cours de jeu avec les parents:
" et où il est ton nez? ton oreille? ta bouche etc..." Aux parties du corps nommé, l'enfant va rajouter également le nom des sensations évoquées au chapitre précédent du corps perçu (chaud froid, doux, ça pique!). Action Nommée.
Le bébé enrichit son vocabulaire par les verbes d'action: "ouvre la main, ferme la main, lève les mains".(lourd, léger, haut, bas etc...) Par des consignes de positions qui font appel à une suite motrice: couche toi sur le ventre, retourne toi, rampe, relève toi, saute, cours etc...
Exemple d'incompréhension par changement de repères: La consigne simple: "lève les mains " est parfois difficile à exécuter.
On demande à une personne de se coucher sur le dos, et de saisir le deuxième barreau de l'espalier placé à sa tête. Puis on lui demande : baissez les mains, saisissez le premier barreau: 2/3 élèvent les bras et saisissent le 3ème barreau. La personne a utilisé ses abaisseurs de bras parce qu'elle se réfère à la verticale, mais comme elle est à l'horizontale ses abaisseurs de bras provoquent une élévation des bras.
Les paramédicaux et aides soignants vivent plusieurs fois par jour ce genre de quiproquos.
"Couchez vous sur le ventre : une fois sur deux la personne se couche sur le dos et vous "montre" son ventre. Elle a entendu ventre, elle vous le montre. Les Espagnols ont résolu ce problème, à plat ventre se dit la "bocaabajo" (la bouche en bas) et sur le dos (la bouche en haut- la bocaarriba). Chaque métier, chaque sport crée son jargon qualifiant une action: au foot un retourné acrobatique de dos au but est une "bicyclette". Zidane a inventé la " roulette" etc...Les roulettes de Zidanepar Nonimous
A partir de 18 mois l'enfant commence à se reconnaître dans un miroir et va pouvoir peu après modifier un détail vestimentaire sur lui. A partir de là va se construire dans sa tête une boite à images. Il va peu à peu se représenter son corps puisque son corps ne lui apparaît qu'à travers des pauses (miroir photo) . On connaît mieux le corps de l'autre que le sien, en tout cas pour ce qui est de l'attitude, de l'allure, de la gestuelle. A trois ans et demi l'enfant se lance dans le dessin du bonhomme têtard qui peu à peu va se complexifier.
La première représentation humaine connue date de 35 000 ans c'est la Vénus de HohleFels. Mais peut-être que l'artiste ne cherchait pas à représenter l'humain et essayait-il de faire dieu à son image? http://en.wikipedia.org/wiki/Venus_of_Hohle_Fels
Lassé de ses piètres performances en modelage, le body builder se lance dans la sculpture de son propre corps qu'il façonne à son gout. Dans le body building, le corps représenté supplante le corps outil. Le corps n'a plus d'autre fonction que de plaire à l'image qu'on s'en fait!
L'action représentée: on n'échappe pas à la culture commune et aux représentations communes même si elles s'avèrent totalement fausses. On vit dans un monde de représentations, la réalité n'existe pas.
Raymond Poulidor
Il est de notoriété publique que les coureurs cyclistes avancent à la"force du mollet" ou qu'ils ont de "gros mollets". Or il suffit de les regarder pour s'apercevoir qu'ils ont des mollets plutôt plus fins que la normale alors qu'ils ont des cuisses hypertrophiées, mais personne ne le voit et on ne parle que des mollets.
Si on le fait remarquer, le corps représenté accède alors à la conscience et l'on peut redresser sa représentation.
L'incapacité représentée: j'ai du me déplacer quelque chose! dit le patient qui vient de se blesser! .
La fonction représentée:
il cherche alors le professionnel qui nommera l'incapacité qu'il se représente et pratiquera le geste "magique" de remise en place. "Il m'a remis la 3ème cervicale en place" Ouf!
Françoise Dolto définit très bien le schéma corporel dans les 30 premières pages de son livre -l' "image inconsciente du corps" - afin qu'on ne mélange pas les deux notions de:
- corps représenté
- et image inconsciente du corps.
SCHEMA CORPOREL d'après F. Dolto
IMAGE DU CORPS d'après F. Dolto
Le schéma corporel est le même pour tous les
L'image du corps est propre à chacun, elle est liée
individus.
????????????
au sujet et à son histoire.
Le schéma corporel est en partie inconscient, mais
L'image du corps est éminemment inconsciente. Elle
aussi préconscient et conscient.
peut devenir en partie préconsciente quand elle
s'associe au langage conscient.
L'image du corps est la synthèse vivante de nos
expériences émotionnelles. Elle peut être considérée
comme l'incarnation symbolique inconsciente du sujet
désirant. Elle est à chaque moment mémoire
inconsciente de tout le vécu relationnel.
C'est grâce à notre image du corps portée par - et croisée à - notre schéma corporel que nous pouvons
entrer en communication avec autrui.
L'image du corps est le support du narcissisme.
Le schéma corporel est évolutif dans le temps et
Dans l'image du corps le temps se croise à l'espace
l'espace.
le passé inconscient résonne dans la relation présente
Le schéma corporel, abstraction d'un vécu du corps
L'image du corps se structure par la communication
dans les trois dimensions de la réalité, se structure
entre sujets et la trace, au jour le jour mémorisée, du
par l'apprentissage et l'expérience.
jouir frustré, réprimé ou interdit (castration du désir, au
sens psychanalytique)
Le schéma corporel réfère le corps actuel dans
L'image du corps réfère le sujet du désir à son jouir,
l'espace à l'expérience immédiate. Il peut être
médiatisé par le langage mémorisé de la
indépendant du langage.
communication entre sujets.
L'image du corps est toujours inconsciente, constituée
de l'articulation dynamique d'une image de base, d'une
image fonctionnelle et d'une image des zones érogènes