mercredi 28 juillet 2010

Motivation à court terme et long terme

Motivation à court terme:
La répétition de la réussite: clef de l’apprentissage

"La répétition d'une même tâche a des effets incontestable sur la performances à telle enseigne que Newell et Rosenbloom parlent de loi universelle de la pratique". J. Bertsch; Christien Le Scanff- Apprentissages moteurs et conditions d'apprentissages - PUF-p54

.A Yelnik[i] (Evolution des concepts en rééducation du patient hémiplégique – Annales de rééducation de médecine Physique 48 (2005) 270-277) nous dit que « la notion de rééducation directement orientée sur la tâche à accomplir va s’imposer ». Il résume sa pensée dans la formule « c’est en forgeant qu’on devient forgeron ». Il faut distinguer la période où l’on apprend à forger de la période où l’on sait forger. Quand on apprend à forger, on accepte de mal forger. La magie de l’apprentissage est qu’en répétant le mal forger on va un jour bien forger. Ce qui va à l’encontre de ce que faisaient la plupart des kinésithérapeutes qui répétaient à leur patient »je préfère que vous ne marchiez pas plutôt que de mal marcher. Il faut que les kinésithérapeutes acquièrent la culture de l’apprentissage :
c’est en mal marchant que l’on améliore la marche ! Mal marcher est déjà une réussite de marche. Répétons cette réussite qui va peu à peu s’affiner !

La répétition de l’échec source de l’écoeurement.
L’échec est utilisé comme objectif accessible ou inaccessible (deuil).Le moteur de l’apprentissage c’est la répétition de la réussite. Le bilan est un recueil de difficultés graduées, une «kinémathèque » qui permet au patient et à son kiné de choisir la meilleure stratégie de rééducation en utilisant les plus bas échecs comme objectifs intermédiaires et la répétition des plus hautes réussites comme moyens.
Postulat de La Palisse : plus une personne a de capacités, moins elle a d’incapacités.

Alison Lapper - Mar Quinn -  Trafalgar Square
Motivation à long terme: l’image du corps.
La demande du patient est fonction de sa propre représentation du corps. L’image du corps est très différente du schéma corporel. La demande porte souvent sur un retour au « comme avant ». Le patient ignore quel était son « niveau » réel au début de la maladie. Nous préférons le laisser cheminer seul dans sa propre représentation. Par définition, chaque patient a une « culture physique » propre, des déficiences, des incapacités propres qui font de sa motricité résiduelle un patchwork hétérogène et particulier. Certaines personnes de 80 ans avec des atteintes neurologiques sévères (Parkinson) ont réalisé un total de 100% sur l’ensemble des rubriques (Y compris l’avancée sous l’échelle en Singe) C’est pourquoi nous avons choisi de renvoyer cet « avant » à un corps fantasmé, le corps des vingt ans. Nous avons choisi de ne pas étalonner les scores de performance en fonction de la tranche d’âge pour ne pas empiler les variables : il y a les déficiences et incapacités hétérogènes à cause de la spécificité du sujet et de son âge. De plus, il y a les déficiences et incapacités hétérogènes dues aux lésions neurologiques propres à chaque patient. Nous ne connaissions pas le patient avant qu'il soit atteint. Lui-même n'avait parfois qu'une vague représentation de ses capacités. C'est pourquoi nous prenons pour référence les capacités physique d'une personne jeune auquel le patient peut se référer dans son imaginaire.
- L'image inconsciente du corps - Françoise DOLTO -

Dali - le temps qui s'écoule
Le temps.
A court terme
:
Le défaut de ce bilan séance est qu’il est très long à réaliser. (Jusqu’à 3 heures afin de collecter toutes les déficiences et capacités de certaines personnes particulièrement compliquées (choréo-athétosiques ou T.C) . Mais rien n'empêche de le répartir sur plusieurs séances.

A long terme :
La prise en charge s’étalant sur des années, ce défaut devient sa qualité car la précision des renseignements permettra une grande variété de séances toujours adaptées aux capacités de la personne. La stagnation des capacités sert à déclencher le processus de deuil du « comme avant. » ou de guérison et permet de passer d’une fréquence de gain à une fréquence d’entretien.

Le groupe
La séance individuelle est souvent désignée comme la séance de qualité par opposition à la séance de groupe souvent montrée comme des séances mercantiles. Pourtant le groupe permet des séances de deux heures nécessaires pour traiter l’ensemble des incapacités des personnes cérébro-lésées. Le groupe renforce les modes d’apprentissage par imitation, permet de relativiser les échecs individuels. Il permet aussi les rencontres et les échanges entre patients souvent isolés chez eux le reste de la semaine.

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Nous sommes huit kinésithérapeutes bordelais, nous voulons promouvoir la rééducation neurologique en libéral. Francis Laurent.