mardi 22 mars 2011

trois moyens de réaliser une consigne motrice

1. par la consigne verbale


Il faut apprendre au patient à transformer du mot en mouvement. On est dans un processus de mentalisation du mouvement. Vérifier que la personne comprend et exécute ou pas la consigne verbale et noter la stratégie développée pour l’exécuter.
Exemple:  A une personne assise sur une chaise: "Levez-vous! "
Si la personne ne se lève pas il est inutile de l'abreuver de conseils sur le comment faire. Un seul ordre doit venir initier le mouvement qui permet de se lever:
"Penchez vous en avant" ou mieux "touchez le sol du bout du doigt" (pour faire décoller les fesses)
 S'il n'y parvient toujours pas on le guide manuellement.

2ème exemple: Faire croire au patient qu'il pourra modifier sa façon de marcher parce que son kinésithérapeute lui indique comment faire  est au mieux de l'ignorance, au pire de la maltraitance.
La volonté sert à déclencher un apprentissage, la concentration ou un mouvement déjà automatisé. Le mouvement volontaire est une voie lente qui peut servir à contrôler les modalités d'un mouvement en statique, mais il n'est d'aucun secours pour modifier le dessin d'un déplacement. Ça va trop vite et il y a trop de choses à penser.
" Le mouvement volontaire porte sur le but pas sur les moyens. " Bouisset S. Rougier Lacour Postures équilibre 2006 p41.
La dichotomie entre mouvement volontaire et mouvement automatique vient polluer la compréhension de la motricité cérébrolésée. On fait volontairement un mouvement automatique
Mime Marceau

2. par le modèle visuel : Imitation.
S’il n’y pas exécution de la consigne verbale,
se mettre en position de moniteur et montrer le mouvement afin que la personne puisse produire du mouvement à partir de l’imitation face à lui en miroir ou de dos à lui.. La personne est-elle capable d’imiter?
"la démonstration préalable joue un rôle plus effectif dans le cas d'habiletés qui mobilisent l'ensemble de l'appareil corporel" (échelle de Bachman) -Apprentissages Moteurs P. Simonet. -Vigot- p.133











Béjart place Jorge Donn
3. par l’indication kinesthésique : le toucher pédagogique :
Indiquer plutôt que conduire. Si la personne n’exécute toujours pas la consigne, toucher du bout des doigts la partie du corps à déplacer pour lui indiquer la translation nécessaire. Si échec, reprendre alors la méthode des points clefs et conduire le patient de la main voire au corps à corps.

Critique du guidage manuel :
Dans les méthodes Kabat, Bobath, Lemétayer, Brunnstrom, la main du kiné conduit la motricité du patient. Ce guidage manuel est nécessaire pour initier le mouvement des enfants de moins de 6 ans. Mais dès que l'enfant répond à la consigne simple il est important de savoir ce qu’il peut faire hors de notre guidance. Le thérapeute manuel a parfois beaucoup de mal à lâcher le patient. C’est tellement fascinant ce ballet où la main du kiné fait évoluer avec grâce la personne handicapée! http://www.medecinephysique.net/pdf/reeducimc.pdf
Par ailleurs il y avait une croyance que l'on provoquait des mouvements automatiques qui étaient enfouis. Le kinésithérapeute devenait révélateur d'automatismes cachés qui allaient servir de refondation à la motricité. L'expérience a enterré ces assertions.

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Béjart comprend avec son corps ce qu'il n'avait pas vu avec ses yeux (3 minutes après le début)  




On découvre que la neuro plasticité n’agit pas seulement par vicariance ou réorganisation de synapses avec les neurones restants « l’art d’accommoder les restes" [i]» mais qu’il peut y avoir aussi des phénomènes de neurogénèse dans certains territoires. [i] Lacour M, Didier JP. Plasticité de la fonction neuro motrice Springer 2004 p36, 26, 35

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Nous sommes huit kinésithérapeutes bordelais, nous voulons promouvoir la rééducation neurologique en libéral. Francis Laurent.